La Haute Route des Pyrénées 2018

Il est des aventures qui se magnifient quand elles se partagent. La Haute Route des Pyrénées sera pour les six coureurs de PAU 64 présents sur cette HRP, sans aucun doute, un événement marquant de l’itinéraire cycliste de chacun. Cette chronique cycliste sera un peu inhabituelle car elle ne sera pas un simple exposé de chiffres faisant état de classements, de temps et d’écarts. Je souhaite qu’elle soit, à chaud, le compte rendu d’impressions, d’émotions vécues et partagées par 6 membres d’une équipe liés par un même objectif: partir de PAU et revenir à Pau après sept jours passés à affronter quelques uns des plus beaux et des plus difficiles cols pyrénéens.

Débarrassons nous des chiffres: la HRP c’est 7 jours de course, 770 kilomètres et 20 000 mètres de D+. Côté Palois, ce sont six «caractères», Pierre C, Sacha R, Jérome C, Thierry G, Jean Pierre B et notre président Nicolas L. D’un aspect sportif, c’est une réussite avec une deuxième place au général pour Pierre et une étape gagnée, des places de 29 (Jérome), 39 (Thierry), 43 (Jean Pierre) et 204 (Nicolas). La réussite aurait été totale sans la blessure de Sacha contraint à quitter l’événement lors de la 4ème étape alors qu’il avait fait preuve d’une superbe régularité présent dans les dix premiers du classement au cours des trois premières étapes.

La HRP, c’est un grand barnum, type tour de France avec une structure faite d’un comité d’organisation (chrono, sécurité, structure de départ, d’arrivée, atelier de réparation, massage, camion cryothérapie….) et de bénévoles (signaleurs, repas …). La HRP, c’est un peloton cosmopolite, dans lequel l’anglais est la langue dominante, mais vous parlerez aussi en espagnol avec des Brésiliens, vous croiserez des Mexicains, des Finlandais, des Italiens, des Allemands … La HRP, c’est une ambiance très particulière où le sourire est de rigueur malgré la souffrance, où la solidarité entre les concurrents est permanente. La HRP, c’est surtout une aventure sportive et humaine. Impossible ici d’être exhaustif, mais les moments passés hors du vélo sont aussi importants que ceux passés sur le vélo.

Alors dans l’ordre du classement évoqué ci dessus (il faut un modèle de tri non!)

Pierre nous a régalé par sa solidité et sa régularité. « Franchement aujourd’hui, j’avais des bonnes jambes ». Présent à l’avant de la course du premier au dernier jour, il finit deuxième du classement général et se paie le luxe de gagner une étape en haut de Peyragudes. Après Bardet, Carlet, ça claque quand même ! La classe et la simplicité.

 

Jérôme, la force tranquille : « t’inquiètes, ça va le faire ». Il nous a apporté son expérience et sa sérénité. Cette capacité à prendre de la distance avec les événements, mais aussi à se recentrer au bon moment, sans bouffer du jus inutilement. Un vrai compétiteur, qui aura parfaitement géré cette semaine et qui finit très fort. Bilan, 29ème au général, avec une présence accrue au fil des jours.

 

Thierry : « Demain, j’attaque ».Il se sera surpris lui même sur la semaine et au regard du programme annoncé. Tout en gestion sur les premiers jours, il réussira lui aussi à monter en puissance ciblant parfaitement ses efforts (grosses montées du col d’Azet et du col d’Aspin les deux derniers jours). Label « compétiteur », tout terrain. Bilan 39ème au général, tout en progression.

 

Trajectoire inversée pour Jean-Pierre. « J’ai plus de forces ». Victime de son tempérament, habitué aux cyclos d’un jour, adepte du « ce qui est pris n’est plus à prendre », il aura manqué de force sur les trois derniers jours. Des moments difficiles, rendus plus faciles grâce au soutien des « copains » (merci Jérôme pour les deux trois mots échangés au « Cap de Long » ; à Mathieu, escorte réconfortante dans la montée du Balès). Bilan, 43ème au général.

 

Que dire de notre président, Nicolas : « Je gère la crise ». Présent sur un terrain hostile, il aura été admirable de courage et de détermination. Le tout livré avec une générosité et une bonne humeur constante. Véritable catalyseur des énergies présentes, il aura montré la marche à suivre tout au long de la semaine.

 

Quel régal, Sacha sur les quatre premiers jours, jusqu’au moment où une douleur au genou viendra le stopper. Remarquable il gardera le sourire, relativisant, à juste titre, son état.

Grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont aidé dans la logistique, Sonia, Marie, Céline, à tous ceux qui sont venus nous encourager. Aux compétiteurs amis avec qui nous avons partagé les efforts (Gilles, Stéphane, Xavier …et tout les autres).
Grand merci à ceux qui nous ont permis de participer à cette aventure, la mairie de Pau, l’office du tourisme… Je vais oublier du monde et je m’en excuse.
La HRP c’est tout cela et bien d’autres choses…
En espérant vous avoir fait un peu rêver (et pas trop fait souffrir) à travers ces quelques lignes.
A suivre ….
Rédaction : Jean Pierre.